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ELEPHANT

 

COMITE D'ENTREPRISE FRALIB GEMENOS
CGT-CFE/CGC

ETUDE ECONOMIQUE, POUR UNE SOLUTION ALTERNATIVE,
INITIE AVEC L'AIDE DES COLLECTIVITES TERRITORIALES,

Synthèse du Rapport d'étape.

 

 

 

La décision de fermer notre site est un scandale.

 

Le site est rentable, les conditions existent pour poursuivre une activité, et maintenir nos emplois.

 

 

FRALIB – LE SCÉNARIO D’UNILEVER

 

   

I – la responsabilité du groupe Unilever dans la SITUATION de l’entreprise Fralib et du site de Gémenos

 

 

FRALIB présente trois visages d’activités et de résultats forts différents (les ‘trois vies de Fralib’ !) depuis la fin des années1990 à 2011 :

 

Une période d’entreprise souveraine jusqu’en 2000.

 

 

FRALIB est maître de la commercialisation de ses produits (thés & infusions, potages Royco, poudres chocolatées Choky, boissons Liptonic) et comporte plusieurs usines.

 

En fin de cette période, les activités ‘potages Royco et poudres chocolatées Choky’ sont cédées avec fermeture du site de Dissay.  

 

L’activité ‘Thés & Infusions’ est  fortement restructurée en 1997:  

 

ü  arrêt du site du Havre ;

 

ü  transfert des productions et des produits sur les sites de Gémenos et de Bruxelles.

 

Spécialisation stricte des sites :  

 

§  Gémenos sur les ‘thés parfumés, les infusions, les thés verts’,

 

§  Bruxelles sur les ‘thés noirs standards et d’origine’.

 

Gémenos dispose d’un ‘atelier coupe des matières premières’ et d’un ‘atelier d‘aromatisation/mélange’ (technologie humide et technologie sèche).

 

Les installations techniques du site de Gémenos bénéficient alors de l’arrivée de 8 machines IMA C 2000, en format sachet ‘double chambre’. Celles-ci complètent un parc de  32 machines CONSTANTA format ‘double chambre’, de 4 machines MOLINS (sachet rond) et de 3 machines TOMY (sachet mousseline).  

 

Une période d’entreprise à fonctions limitées de 2001 à 2007.

 

FRALIB n’a plus de commercialisation (transférée à Unilever France avec d’autres activités supports telles que marketing, finances, …). Plus qu’une seule activité, celle des ‘Thés & Infusions’ et plus qu’une seule usine (Gémenos).

 

Non seulement les activités spécifiques du site sont mises à mal, mais la spécialisation initiale entre les sites de Bruxelles et Gémenos n’est plus respectée.

 

Sont successivement arrêtées des activités particulièrement importantes pour l’avenir du site :

 

ü  L’atelier coupe matières premières,

 

ü  L’atelier d’aromatisation humide.  

 

Le contrat implicite (lié à la fermeture du site du Havre) de spécialisation des sites respectifs de Bruxelles et de Gémenos n’est plus respecté.

 

En 2004-05 sont implantées à Bruxelles des machines IMA Zenith (sachet pyramide avec fil et étiquette) initialement dédiées aux thés noirs (standard et d’origine) pour l’Europe de l’Ouest continentale.

 

Mais, compte tenu de l’échec commercial du conditionnement des thés noirs en sachets pyramides, les machines IMA Zenith sont rapidement redéployées vers les thés parfumés et les infusions (puis ultérieurement vers les thés verts). C’est la fin de la spécialisation réciproque des sites de Bruxelles et Gémenos, avec les conséquences négatives qui seront induites sur l’activité de Gémenos.  

 

Le palier maximum de 3.500 T/an de sachets (promesse initiale à plus de 4.000 T/an de sachets) sur 2002-2004 se contracte suite à la perte de spécialisation de Gémenos à partir de 2005-06 (cannibalisation progressive des sachets ‘double chambre’ par les sachets ‘pyramides’ de Bruxelles sur les thés parfumés et infusions). Certaines prévisions de transfert, qui se voulaient à l’origine compensatoire de Bruxelles vers Gémenos (sachets ‘squeezable’), ne seront pas tenues.

 

Dans le même temps, les installations techniques de l’usine de Gémenos n’évoluent quasiment pas, si ce n’est la réduction progressive du parc de Constanta.

 

Une période d’entreprise à fonction réduite depuis 2007.

 

FRALIB est réduite à l’activité de façonnage livrant, non plus à Unilever France, mais à la chaîne logistique USCC[1](domiciliée en Suisse pour des raisons fiscales), sur la base uniquement du coût de conversion + mark up (dont le taux est ramené de 10% à 7%) à ‘cost plus’. FRALIB n’a plus la propriété des matières premières qu’elle utilise.

 

En dépit des promesses de l’USCC[2], FRALIB subit à nouveau en 2007, les erreurs commerciales du groupe dans la catégorie ‘Thés & Infusions’. De nouvelles machines IMA Zenith destinées aux marchés des Etats-Unis et de Russie sont implantées à Bruxelles. Comme pour l’aventure IMA Zenith 2004-05, vu l’échec commercial des sachets pyramides notamment aux Etats-Unis en 2007. L’obligation de rentabiliser cet investissement  technique additionnel, entraînera de gros investissements ‘Media’ (publicité) pour assurer l’expansion des ventes de ‘sachets pyramides’ sur le marché de l’Europe de l’Ouest Continentale. Cela, bien évidemment, au détriment des sachets double chambre de Gémenos qui n’en résisteront pas moins plus qu’honorablement sur 2007-2008 !

 

L’entrée de Fralib dans ‘USCC Mountain’ en 2007 se traduit immédiatement par une nette contraction de l’activité de Gémenos et suite à la contraction de l’allocation initialement prévue et à un important conflit social (arrêt de l’activité sur 4 semaines). L’activité moyenne 2007-2010 (hors conflit)  de conditionnement à 2.800 T/an  est ici fort éloignée du ‘palier 2002-04’: -700 T/an de sachets (indépendamment de la perte de l’activité vrac à -1.000 T/an).  

 

La responsabilité du Groupe Unilever, par ses stratégies commerciales et la rupture du pacte de spécialisation initial des sites de Bruxelles et de Gémenos est indéniable.  

 

Chaque période est successivement mise à mal, voire détruite par la stratégie du groupe Unilever. Unilever voudrait clore aujourd’hui avec le projet de fermeture de l’usine de Gémenos.

 

FRALIB – POUR UNE SOLUTION ALTERNATIVE

 

II – ET POURTANT FRALIB ENTREPRISE PLUS QUE PROFITABLE DANS SA PERIODE D’ENTREPRISE A FONCTION REDUITE DEPUIS 2007

 

La profitabilité actuelle de Fralib comme ‘entreprise souveraine’ ne peut être reconstruite pour la période 2001-2009, faute d’informations disponibles pour ce faire.

 

Aussi, nous avons construit un ‘idéal type’[3]Fralib compte tenu des informations disponibles :

 

ü  La définition d’une cible ‘moyenne’ sur les années 2005-09 concernant l’activité de production de Fralib (tant par technologie que par segment de produit), donnée comme ‘idéal type’ représentatif de cette activité moyenne 2005-09[4] ;

 

ü  Dont dérive les ventes en volume de Fralib convergeant toujours vers cette ‘cible moyenne’ de ventes, toujours représentative de l’activité de Fralib sur 2005-09 ;

 

ü  Le système de prix 2010 pour le marché ‘France’ des divers segments de produits pour 2010 ;

 

ü  Le système de prix 2010 pour le prix des matières premières ‘Thés noirs standards’, ‘Thés parfumés’, ‘Infusions’, Thés verts’ ;

 

ü  Le système de prix 2010 pour le prix des emballages.

 

Pour ce faire, l’idéal type tient compte néanmoins de certaines contraintes, en se projetant vers un sentier d’activité à niveau de profitabilité de 2005-2009, compte tenu du projet actuel de fermeture, et en ciblant certaines contraintes a minima pour toutes solutions alternatives :

 

 

ü  Contrainte de la réimplantation d’un atelier d’aromatisation pour toute continuité d’activité sur les thés parfumés et infusions ;

 

ü  Contrainte de maintien du  plein emploi actuel des salariés  dans la prise en compte des coûts de production de l’usine (coûts de conversion + coûts des matières premières et emballages + coûts logistiques) pour toute continuité de l’activité, ce qui passe par des coûts de conversion maintenus à leur niveau actuel[5] ;

 

ü  Contrainte des ventes en volume, valeur, et selon divers circuits, avec formation du chiffre d’affaires net…. à système de prix de 2010 ;

 

ü  Pour en déduire la profitabilité de ‘l’idéal type’ Fralib et de l’usine de Gémenos … à système de prix de 2010.  

 

Seuls les coûts de marketing et de commercialisation ne sont pas pris en compte dans les charges faute d’informations disponibles à ce sujet (en rappelant qu’Unilever n’a quasiment pas investi au plan MEDIA sur les sachets double chambre depuis 2005 !).

 

En rapprochant la formation du CAN (Chiffre d’Affaire Net) de celle des coûts de revient, nous obtenons le dégagement de la marge nette (solde qui se rapproche du résultat d’exploitation ou REX), celle-ci s’élevant dans l’idéal type IT.N à 86,4 M€, à un taux de 65,6% :

 

 

K€

S.N-2

S.N-1

IT.N

CA Net

43 490

82 895

113 942

Coûts de revient

28 194

36 222

45 380

Marge (REX)

15 296

46 673

68 207

Taux de Marge (REX)

35,2%

56,3%

60,0%

En structure

S.N-2

S.N-1

IT.N

Coûts de revient

64,8%

43,7%

40,0%

 

Cet ‘ideal type IT.N’ rend relativement compte d’un ‘modèle moyen de profitabilité’ de Fralib sur les exercices 2005-09, à système de prix 2010.

 

La marge nette (REX) devrait certes être corrigée :

 

ü  du coût commercial de la force de vente,

 

ü  du coût des dépenses de publicité,

 

ü  de certains coûts de structure (comptabilité, finance,….)

 

mais elle apparaît suffisamment importante, non seulement pour couvrir ces coûts, mais pour dégager positivement une marge nette confortable une fois ces coûts déduits.

 

Par ailleurs, on peut raisonnablement considérer que le point mort, dans le cadre des hypothèses retenues, est donné vers une production et donc une vente de l’ordre de 1.000 T, avec un CAN à 43,5 M€, dégageant une marge nette de l’ordre de 47 %, ce qui apparaît alors suffisant pour couvrir les coûts commerciaux, de structure et de publicité.

 

 

LE THÉ DE L’ÉLÉPHANT CONTINUERA

 

À VIVRE EN PROVENCE

 

 

 

UNILEVER doit payer :

 

Il doit payer non pas pour monnayer nos emplois, mais pour relancer l’activité du site pour que l’on puisse continuer à vivre et travailler à Gémenos.

 

Nous exigeons d’UNILEVER qu’il cède au collectif de salariés pour l’Euro symbolique :  

 

Ø  Les bâtiments, ou qu’il crée les conditions pour la poursuite de l’activité a Gémenos.

 

Ø  Qu’il cède l’outil industriel.

 

Ø  Qu’il fasse les investissements nécessaires à la remise à niveau de l’outil de travail.

 

Ø  Qu’il assure la commercialisation et la fourniture des matières premières pendant un nombre d’années suffisant à la constitution de notre propre circuit de commercialisation et d’achat de matières premières, qui nous permettra de constituer une entreprise souveraine.

 

Ø  Et qu’il cède la marque ELEPHANT.       

 

Il ne s’agit là, que d’une toute petite partie de la fortune emmagasinée par les actionnaires, depuis des décennies, sur le dos des travailleurs !  

 

Implanté depuis 119 ans en Provence, le Thé de l’Eléphant doit poursuivre son activité qui fait vivre 182 familles, sans compter les emplois induits. La décision de fermer notre site est un scandale, les conditions existent pour poursuivre une activité, et maintenir nos emplois.

 

   

Nous ne lâchons rien et nous continuons à lutter toujours avec la même détermination et la même volonté : contre la fermeture de l’usine, pour le maintien de l’emploi et la poursuite de l’activité.

 

 

 

Gémenos le 26.07.2011

 



[1] USCC : Unilever Supply Chain Company

[2] Cf. Compte rendu d’entretien de l’expert du CE avec le responsable de la catégorie ‘Thés & Infusions’ de l’USCC  en 2007 (Mr Hans SYNHAEVE) (cf. APEX, DAL Fralib 2007, note 23 page 52) où il était indiqué :

« La  Supply Chain Beverages Monde et Europe déclare nettement ne pas vouloir davantage investir dans les IMA Zenith (qui coûtent cher) en Europe de l’Ouest, l’anticipation de la croissance du marché (donc des IMA Zenith à implanter) se faisant en Russie et aux USA. Dès lors l’incitation à freiner tout progrès additionnel de la demande sur les ‘sachets pyramides’ passe par l’activation de nouveaux formats et boîtages DC ! »

 

[3] Cet ‘ideal type’ ne signifie absolument pas un scénario éventuel de toute reprise d’activité, mais s’efforce de tenir compte de deux contraintes :

-           La profitabilité de Fralib comme entreprise souveraine, cette profitabilité étant centrée sur une cible moyenne ‘2005-09’

-           En s’inscrivant néanmoins dans  le ‘prologue’ (mais rien qu’un prologue)  d’une continuité de l’activité ouvrant vers une solution alternative à celle de la fermeture

[4] Le niveau d’activité moyen 2005-09 est inférieur avec 2.900 T en production à celui de 2001-2005 qui tourne autour de 4.500 T (mais avec une activité ‘vrac’  en moyenne à  plus de 1.000 T en direction des autres usines du groupe Unilever ainsi qu’une activité de conditionnement alors plus élevée), et aussi compte tenu de la baisse d’activité de 2007 (conflit social).

[5] Comme l’exercice 2010 est atypique pour les raisons déjà invoquées, est retenu le montant des coûts de conversion de 2009

 

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